Un super radar a débarqué en plein centre-ville.

Radar surpuissant Strasbourg

Difficile de ne pas le remarquer. Et les automobilistes qui circulent dans le secteur ne s’y trompent pas et lèvent déjà le pied, s’interrogent. Cet imposant radar fixe, nouvellement installé dans Strasbourg au carrefour du quai Louis-Pasteur et de la rue de la Plaine-des-Bouchers, près de la Mosquée, est un radar dernière génération, surpuissant.

Un dispositif expérimental

De type « Mesta Fusion » conçu par la société Idemia, dénommé officiellement radar tourelle, ce dernier est homologué pour la limitation de vitesse, mais peut aussi, théoriquement, suivre 32 voitures sur 8 voies, contrôler la vitesse et bien d’autres choses. Déjà expérimenté à Marseille et depuis peu dans les Vosges, il permettrait de contrôler avec précision, à terme, d’autres infractions comme le franchissement des feux rouges, le respect des distances de sécurité, l’utilisation du téléphone au volant, le dépassement par la droite, le non-port de la ceinture de sécurité, le franchissement de la ligne, l’interdiction de tourner à gauche…

Le Mesta Fusion pourrait aussi servir d’aide à la circulation avec des statistiques, prendre des vidéos… Les Mesta Fusion devraient, dans le futur, remplacer les « vieux » radars automatiques, et certains radars de feux rouges. Mais pas de panique. Pour l’instant, il s’agit « d’un dispositif expérimental et ne donnera pas lieu à contraventions », explique la préfecture qui ne s’étend pas sur le sujet et qui précise que « la mise en place effective de ces radars fera l’objet d’une communication nationale. »

Répression et prévention

Selon l’Automobile Club Association de Strasbourg (ACA), si les radars fixes ont montré leur utilité dans la sécurité routière, « il n’y a pas que ça » et ce radar surpuissant n’est qu’un élément de plus au catalogue de la répression. Si cette dernière est incontournable, explique Céline Kastner, directrice juridique et des politiques publiques de l’ACA, la sécurité routière doit également bénéficier d’une approche globale, avec par exemple le réaménagement des endroits accidentogènes, positionnés en concertation avec les associations d’automobilistes, de formations, mais aussi de « mises à jour » périodiques, une formation continue pour ceux qui ont déjà leur permis de conduire. Et  enfin une répression qui soit moins automatisée : « On arrête de moins en moins les gens, la répression est automatisée ce qui laisse peu de place à la prévention et à la pédagogie comme c’est le cas avec un agent de police qui peut discuter », assure Céline Kastner qui regrette également des dysfonctionnements (souvent liés aux volumes des contraventions traités à Rennes) des contrôles automatisés et des difficiles recours des automobilistes sanctionnés.

Mais ce qui interroge également les usagers, c’est son emplacement, car l’endroit ne serait pas particulièrement connu pour être accidentogène selon les dires de passants et d’automobilistes. Et pourtant, entre 2012 et 2017, pas moins de 12 accidents corporels s’y sont produits, dont cinq en 2017, soit une tendance à la hausse. Selon la préfecture, l’endroit « remplissait plusieurs critères d’infractions potentielles et d’insécurité : feu rouge, voie de bus réservée, interdiction de tourner à gauche, piste cyclable, traversées piétonnes denses avec la proximité des établissements scolaires, de la mosquée », mais aussi des urgences et de l’accès à l’hôpital civil, non loin de là… Une nouvelle bonne raison donc de lever le pied, de respecter le Code de la route et de rester vigilant.

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